Le ciel était magnifique. Comme tous les matins, il était étoilé et à chaque fois j'observais la grande ourse. Le car arriva sans même que je le vois. J'étais trop absorbée par ma contemplation.
-Dis! Je n'ai pas toute la journée!
-Désolée...
Je montais dans le car en m'excusant et m'assis à ma place habituelle. Heureusement, j'étais le premier arrêt, il n'y avait donc personne dans le car pour se moquer de moi. Je pris mon livre et reprit ma lecture où je l'avais laissée.
Les filles m'attendaient à l'endroit habituel et ma journée commença comme d'habitude. Ma vie était réglée par des routines précises que je ne bousculais presque jamais. Mais chaque routines viennent à être perturbées par un élément perturbateur quelconque. Aujourd'hui, la prof de français était absente. C'est-à-dire deux heures de perm que je n'avais franchement pas envie de faire, même si je ne les faisais pas seule. Tout ça pour dire que je me suis retrouvée dehors à traîner au lieu d'être dans l'enceinte du lycée et au chaud car en ce moment, il faisait très froid dehors. Mais je fus heureuse d'avoir fait ce choix et même si je devais retourner en arrière, j'aurais refait exactement la même chose. Car c'est ainsi que je l'ai rencontré et ça à changer ma vie. J'aurais tout donné pour revivre cette rencontre. J'avais été bête mais je ne regrettais pas cette bêtise. Mais là je m'avance trop dans le futur... il ne faut pas que je vous dise tout sinon il n'y aurait aucun intérêt pour vous de lire la suite. Et ça, c'est exactement ce que je ne souhaite pas. Bon, pour en revenir à mon histoire, je m'étais assise sur des marches en attendant. Je m'étais débarrassée de mon sac de cour et j'attendais une proie. J'étais à l'affût de la moindre opportunité. En fait, j'étais une voleuse...enfin avant que je me fasse attraper. D'un coup, une proie arriva enfin. Cela faisait quand même une bonne demi heure que j'attendais dans le froid. C'était le deuxième élément perturbateur de la journée. Il s'approcha et je pus voir à qui j'avais à faire. Il était blond avec des yeux noisette.
-Salut! T'as l'heure ? dis je innocemment. En fait la phrase classique pour aborder quelqu'un.
-Il est 14 h. T'attends quelqu'un ?
La surprise me coupa le souffle, en principe c'est moi qui continuais la conversation.
-Euh...ouais.
-Ben t 'es bien courageuse avec ce froid! On se croirait en Sibérie!
-Et toi ? Tu n'as pas cour ?
- Non...mon prof de math n'est pas là.
-Moi c'est celle de français. C'est à croire qu'ils ont tous pris des vacances au même moment!
-Ouais...
Le silence se fit pesant. Je me demandais pourquoi est ce qu'il restait là, avec moi. Au bout d'un moment, je rompis le silence :
-Tu m'expliques pourquoi tu restes planté là ?
-Ben ! J'attends.
-Oui...mais quoi ?
Cette réponse me figea sur place. Un inconnu attendait avec moi quelqu'un qui ne devait pas arriver. Il fallait absolument que je m'en sorte. J'attendais l'opportunité qu'il me manquait. Elle ne se présenta qu'une demi heure plus tard. Et oui...pour être voleur il fallait avant tout être patient.
-On dirait bien qu'on t'a posé un lapin! J'espère que ce n'était pas ton petit copain.
-J'en ais pas! Et puis pourquoi tu restes toujours là à attendre. T'as vraiment rien d'autre à faire!
-Non...en fait je déteste être seul...
-T'as pas d'amis ? dis je d'un air amusé.
-Si mais ils ne voulaient pas venir.
-Je vois... -Ben que tu partes...
- Apparemment toi non plus t'as pas vraiment d'amis...
-Si mais eux non plus ils voulaient pas venir...
-Et t'attend qui là ?
-Ça te regarde ?
-Désolé...
Il détourna la tête et j'en profitais pour prendre le mp3 dans son sac.
- Bon...ce n'est pas que je m'ennuie mais il faut que j'y aille. Bye
-Bye.
Je tournais au coin de la place et m'éloignais tout en écoutant sa musique. Pour autant que je pus en juger, il avait de bons goûts. C'est donc en écoutant muse que je continuais mon chemin. Il s'était laissé avoir comme un bleu. Ça avait été trop facile...long mais facile. Je n'avais pas prévu la suite. En effet, j'étais bientôt arrivé quand j'entendis :
-Je te retrouve enfin! Rend moi mon mp3!
-Et merde! ne pus je retenir.
Il ne me rester plus qu'à courir, le semer et rentrer au lycée. Et oui...pour être voleuse il fallait aussi courir vite. Je partis donc à toute allure et tournais dans une rue perpendiculaire. Il me suivait de près bien que je coure rapidement. Le problème était que je connaissais mal cet endroit. En principe les gens ne me poursuivaient pas. Je m'étais bien fait grillée. Heureusement, la musique me motivait un peu. C'est ainsi que je tournais dans une rue et que je me retrouvais face à...un mur...Pas de chance ! Je voulus repartir mais il était trop tard.
-Bon...maintenant tu vas pouvoir me rendre mon mp3! dit-il à bout de souffle.
-Euhh...bravo! T'es le premier à m'attraper! Je suis...bluffée! Tiens...je te le rends.
-Merci...et pour le compliment aussi!
-De rien...euh ...
-Gabriel.
- Bon...ce n'est pas que je suis pressé mais...
-Il faut que tu y ailles ?
Il voulut ajouter quelque chose mais j'étais déjà parti par dessus le mur.
-Mais où étais tu ? On t'a attendu pendant cinq minutes!
-Ben...j'étais dehors.
-Mais tu as passé deux heures dehors toute seule!
-Oui. Pourquoi ?
A mon ton, on comprenait très vite que ça commençait à m'énerver. Je ne voyais pas pourquoi j'avais besoin de leur dire où j'étais. Voilà comment ma routine se remit en route. Mais je ne savais pas encore qu 'elle se modifierait pour toujours.
La récré venait juste de sonner quand je le vis. Je ne l'avais jamais remarqué avant et apparemment lui non plus. Il vient se planter devant moi :
-Salut! Ça va ?
-Euh...ouais et toi ? répondis je surprise.
-Ça va! Dis la dernière fois t'es partis si vite que j'ai pas eu le temps de te demander si tu voulais que je te prête mon mp3!
-Ha...euh...oui désolé mais j'ai pas l'habitude de m'éterniser! Et oui je veux bien!
-Tiens! C'est plus simple que de me le piquer!
Il avait dit ça avec un grand sourire mais moi je ne le pris pas comme ça. Il m'avait mise dans de beaux draps à dire ça comme ça.
-Quoi!! Dit Anaïs, ma meilleure amie, tu voles des trucs ?
-Non! bien sûr que non! Ce qu'il entend par piquer c'est emprunter!
-Oui! Évidemment je pensais pas à voler! dit il en me jetant un regard complice et sincèrement désolé.
-Ouf ! Tu m'as fais peur!
-Tu me connaît...au fait Gabriel! Je peux te parler ? Juste trente secondes...
-Euh...
Je l'entraînais par le bras sans lui laissait le soin de protester.
- Ça ne va pas!
-Pardon! Ça m'a échappé.
-Ne redis jamais ce genre de truc ! Imagine un peu si tout le monde le savait ! Je pourrais plus exercer!
-Ok...j'y repenserais...mais tu ne crois pas que ça va leur paraître bizarre que tu me prenne à part juste après avoir dis ça ?
-Évidement si! Maintenant je vais être obligé d'attendre quelques semaines que ça passe...
Je devais avoir vraiment l'air embarrassée car il ajouta :
-C'est si important ? Je veux dire...pourquoi tu as besoin de faire ça ?
Je n'eus pas le temps de répondre car Anaïs arriva à ce moment.
-Maëllis ça vient de sonner. Il faut qu'on y aille!
-Ok. Bon ben je dois te laisser, lui dis je.
-Ben...t'as qu'à manger avec nous à midi! proposa-t-elle.
-Euh...pourquoi pas!
-Ok! A midi, devant le self.
Et elle lui tourna le dos et commença à partir. Je ne tardais pas à la rejoindre en boudant à moitié.
-Tu m'avais pas dis que tu le connaissais!
-Non et alors ?
-Ben...t'aurais pus le dire c'est tout!
-Mais c'est le tribunal de l'inquisition ou quoi! Je suis pas obligée de tout te dire non plus et puis je l'ai rencontré que aujourd'hui quand j'étais dehors!
-Ok...te mets pas en colère pour ça...je voulais juste savoir!
-Pourquoi ? Il t'intéresse ?
-Oui! Il est super beau!
On rentra en cour et j'attendis patiemment que midi sonne.
Gabriel nous attendais à l'endroit convenu. En nous voyant arriver, il sourit et nous rejoignit. Je me renfermais sur moi-même sans savoir pourquoi.
-Ça va Maëllis ? demanda-t-il au bout de quelques secondes en ma compagnie.
-Oui, répondis un peu trop brusquement à mon goût. Pourquoi ?
-Je sais pas...tu parles pas.
-C'est vrai ça! D'habitude tu parles plus ! crut bon de rajouter Anaïs.
-Mais qu'est ce que vous avez tout les deux! J'ai rien!
-Si tu le dis...mais ce matin tu étais plus bavarde quand même!
Cette insinuation à mon crime me mis hors de moi.
-Hahaha! Morte de rire ! Non mais franchement! Vous allez me foutre la paix!
Ils me regardèrent, étonnés.
-Je reviens! dis je en partant au toilette.
Heureusement, elle était vide. Je pus déchaîner ma colère en balançant mon sac dans toute la pièce. Puis, calmée, je m'assis et prit ma tête entre les mains.
-Qu'est ce qui t'arrive ? Tu deviens folle ma pauvre veille...
Je restais ainsi pendant cinq bonne minute, respirant lentement pour me calmer. Je me levais et sortit mais je n'allais pas rejoindre les autres mais me dirigeais vers la sortie. Je n'avais pas la tête à papoter tranquillement.
J'étais maintenant au jardin public en train de compter le butin que j'avais récolté en une heure de travail. Un travail...non, plutôt une passion. Enfin bon, j'étais dans le jardin public quand je vis arriver mon dernier « pigeon».
-Putain de merde! Il me lâcheras jamais celui-la!
Je partis en courant le plus rapidement et silencieusement possible.
-J'ai pas de veine aujourd'hui! Ça fait deux fois que je me fais avoir! J'en ai marre...
Je tombais par terre. Ne regardant pas trop où j'allais, j'étais rentrée dans quelqu'un.
-Je suis vraiment désolé! Je ne regardais pas où j'...
-Ça va mieux que tout a l'heure ?
-Ha...c'est toi...
-Tu peux continuer à t'excuser!
Je vis mon poursuivant se diriger vers nous.
-Et merde!
-Quoi ? T'as encore des ennuis ?
Je le pris par le bras et me mit à courir avec lui à mes cotés.
-Vite!
-Mais...explique moi...
-Pas le temps! Mais t'as intérêt de courir!
L'autre nous collais toujours au basques et impossible de le semer parmi la foule. Je dus me servir de tous mes talents de voleuse pour mettre plus de distance.
-Faut qu'on se sorte de là! J'arriverais pas à continuer comme ça!
-C'est déjà pas mal! Mais tu connais pas le coin ?
-Si, dis je entre deux souffle, mais toi tu pourras pas passer au même endroit que moi.
-Comme le mur de ce matin ? demanda-t-il aussi essoufflé que moi.
-Tout juste! Roooh et puis merde!
Je bifurquais à droite, vers l'endroit de ce matin. Je venais juste de reconnaître les lieux. Je fonçais vers le mur mais Gabriel ralenti.
-Je peux pas escalader ça.
-Ho que si!
Je mis mes deux mains pour faire la courte échelle et l'envoya par dessus le mur sans plus me soucier de la retombée. Plus que moi et c'était bon.
-Et toi là ! Alors comme ça on veut s'enfuir petite voleuse.
-Et merde! Putain c'est pas vrai! Pourquoi aujourd'hui ?
-Allez suit moi sans faire d'histoire!
-Tu crois ça!
Je fonçais dans ses jambes et il se retrouva par terre. L'instant d'après, il était évanoui et , moi, de l'autre côté du mur. J'atterris sur mes pieds, souplement. Gabriel me regarda de travers.
-Quoi! J'ai un truc sur le visage ?
Il éclata de rire. Bizarrement son rire me fit battre le c½ur et c'est à ce moment que je compris mon comportement avec lui. Je l'aimais. Le problème c'est que je n'étais pas la seule...
-Quoi! J'ai un truc sur le visage ?
-Haha! Morte de rire, répondis je avec sarcasme.
Il me tira la langue, chose qui me fit exploser de rire.
-Ben, tu vois! Ça marche!
On repartit ensemble, lui et moi , moi et lui. J'aurais voulu que ça dure toujours. Finalement, on a passé l'après midi ensemble à parler dans la ville et à traîner.
On a fini par rentrer au lycée, lui souriant et moi insouciante de ce qui m'attendait.
-Ha! Te voilà! Ça fait longtemps que je t'attend!T'était où ? Anaïs nous attendait au portail...ou plutôt l'attendais.
-Ben...J'étais...
-Tiens! Maëllis! Qu'est ce que tu fais là ?
-Ben...rien...j'ai juste passé l'aprèm avec Gabriel.
-Je peux te parler une seconde...
-Si tu veux, répondis je en jetant un regard suppliant à Gabriel.
-Je reviens Gabriel!
-Euh...ok!
Elle m'entraîna un peu plus loin, hors de vue de celui que je ne voulais pas quitter. Elle s'arrêta brusquement et me fusilla littéralement du regard.
-Est ce que tu l'aimes ?
-Qui ?
-Ne fais pas l'idiote Maëllis! Tu sais très bien de qui je parles! Ça t'amuse d'essayer de me le piquer ?
-Tu te méprend complètement Anaïs! Je n'essaye pas de te le piquer! Et puis il n'est pas à toi ! Tu penses à ce que lui peut ressentir ou tu t'en fous ?
-Qu'est ce que vous avez fais cette après midi ?
-Je n'ais pas à te le dire! Tu n'as qu'a le questionner lui! Moi je ne t'appartient pas , lui non plus d'ailleurs!
-Ne t'approches plus de lui si tu veux que notre amitié survive!
-Pfff...tu vas mettre notre amitié en jeu pour un gars! Jamais je n'aurais fais ça, moi...
-Je répète une dernière fois ma question...est ce que tu l'aimes ?
-Ça ne te regardes pas! Et puis même si c'étais oui qu'est ce que tu ferais ?
Elle me jeta un regard noir, commença à partir puis fit demi tour , leva la main et me gifla.
-Je t'interdis de l'approcher.
-Ne t'inquiète pas...je te le laisse...mais surtout rappelle toi bien ceci : je ne suis pas à tes ordres et si je veux te le piquer je le ferais!
-Je t'interdis de...
Elle n'eut pas le temps de terminer car mon poing l'avait fait taire.
-Et une dernière chose...je t'interdis de me toucher...
Je me retournais et partit en direction du portail. Gabriel me regarda bizarrement.
-Est ce que ça va ? me demanda-t-il.
-Je vois pas pourquoi ça irait autrement ...
En fait mes larmes me trahissaient...
-Tu es toute rouge sur cette joue...qu'est ce qui s'est passé ?
-T'as qu'a aller voir là-bas...je pense qu'on y a plus besoin de toi qu'ici.
-C'est-à-dire ? questionna-t-il en regardant dans la direction d'où j'étais apparu.
Il n'eut pas de réponse à sa question car j'étais déjà loin. Il était hors de question pour mon amour propre et mon amour tout cour qu'il me voit pleurer. Mes larmes n'évacuait pas la rage et la profonde tristesse que j'éprouvais. C'était parce que je m'étais fait attraper que tout ça avait commençais. C'était sa faute !...non...c'était ma faute...je n'aurais pas du rester avec lui ni tomber amoureuse de lui alors que je savais que Anaïs l'aimait aussi. Pauvre imbécile que j'étais! D'un autre coté...les sentiments sont ils contrôlables ? Je n'y pouvais rien si elle me plaçait au rend de rivale... Au bout d'une bonne demi heure, je m'étais calmé et endormis sur un banc du jardin public...mon endroit préféré.
-Réveilles toi! Allez! Dépêches!
-Hein...quoi ?!
On me secouait violemment. J'ouvris les yeux mais la nuit masquait le visage de celui qui me secouait comme un prunier. Quand ils se furent enfin accoutumé à la luminosité ambiante, je reconnut le visage penché sur moi...c'était Gabriel. Mon premier reflex fut de sourire mais je me suis vite rattrapée en repensant à ce qui m'avait emmener ici.
-Qu'est ce que tu fous là ? demandais je à demi ensommeillée et en baillant, ratant ainsi mon ton agressif.
-Je viens te réveiller!
-Hein ??
-Je passais par là et je t'ais vu...tu vas attraper froid! Qu'elle idée de dormir sur un banc!
Je me levais et regardais autour de moi : il y avait personne dans le parc. Cette situation ne me plaisait guère.
-Merci, dis je plutôt méchamment, je dois y aller.
-Attend...tu...
Je m'étais levée d'un bond mais m'étais retournée à son appel plus part réflexe que par envie.
-Quoi ? demandais je sans le regarder.
-Qu'est ce qui s'est passé tout a l'heure ?
-Elle te l'a pas dit ?
-Non...
-Donc ça te regardes pas! Au revoir.
Je commençais à partir mais il saisit mon bras, chose qu'il n'aurait jamais du faire. Mes réflexe, plutôt aiguisé étant donné mes activités, réagirent avant ma pensée. En deux mouvement rapide, je l'avais maîtrisé sans difficultés. Me rendant compte de ce que je faisait, je desserrais lentement mon emprise sur lui mais sans la lâcher.
-Je suis désolée mais je ne peux pas continuer à te parler. C'est devenu...difficile.
-Mais pourquoi ? Pourquoi est ce que j'ai retrouvé Anaïs par terre en train de saigner ? Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous mais je suis sûr que ça peut s'arranger.
-Non...justement...il n'y a qu'une solution et c'est celle que je vais m'empresser de suivre.
Je le relâchais puis m'éloignais en marchant. Je sentais son regard pesant dans mon dos. Au dernier moment, juste avant de disparaître, je me retournais et lui dis :
-Elle t'aime !
Et je disparut dans l'ombre de la nuit. Mes larmes, invisibles, me brûlaient les yeux.
Le lendemain, les cours allaient commencer sans moi. J'étais dans mon lit tranquillement installée mais ma bonne humeur se transforma en morosité dès que j'allais ouvrir ma fenêtre. Gabriel était en bas."Mais qu'est ce qu'il veut, l'imbécile!". Il leva la tête alors que je le regardais et me fis un signe de la main. J'ouvris la fenêtre. Il était hors de question que je descende le voir.
-Quoi ? demandais je assez fort pour qu'il entende mais sans me faire remarquer des voisins ou de mes parents.
-Descend ! Faut que je te parles!
-Je peux pas ! Je suis malade...
Ce mensonge me coûtait beaucoup.
-Ok...alors je monte !
-Non ! Ça va pas !
D'un coup ma mère s'en mêla.
-Maëllis !Veux tu bien arrêter de crier à la fenêtre et faire rentrer ton ami s'il te plaît ?!
Apparemment ma « discrétion » s'était envolée à l'instant où il avait dis le mot « monter»...Enfin maintenant je n'avais plus trop le choix...
-Oui maman ! répondis à contre c½ur.
Je descendit en traînant l'escalier et m'arrêtais devant la porte. Ma main se posa sur la poignée mais elle refusait de l'ouvrir.
-Maëllis dépêche toi s'il te plaît !Tu ne veux quand même pas que ton ami attrape froid !
-Non maman...
J'ouvris enfin la porte et jetais un regard noir à celui qui pénétra dans ma maison contre mon grès.
-Qu'est ce que tu veux ? dis je à voix basse pour que ma mère n'entende pas.
-Je voulais juste te parler, dit il surpris apparemment par mon accueil.
-Suis moi et ne fais pas de bruit !
-D'accord.
Je m'installais dans mon lit comme avant qu'il ne vienne troubler ma matinée. Un long silence s'installa que finalement je rompis :
-Qu'est ce que tu me veux alors ?
-C'est à propos de hier soir...
Je me refermais sur moi-même. C'étais exactement ce que je voulais éviter en séchant les cours aujourd'hui.
-...
-Euh...je voulais savoir qu'est ce qui t'avais pris de...
-De quoi ?
Il avait l'air de plus en plus gêné et moi aussi. Mes yeux restaient concentré sur le plafond.
-Ben...de me dire que Anaïs m'aime...je veux dire...c'est pas possible !
-C'est pour ça que tu es venu me voir ! dis ahurie , va lui demander à elle ! Pas à moi !
-...
-Désolée je me suis emportée...
Mais qu'est-ce qui me prenait de m'excuser maintenant?! La situation empiré à vue d'½il et je ne savais plus trop quoi faire ou dire. Mes sentiments commençait à remonter lentement et je sentais que d'un instant à l'autre je commettrais l'erreur fatale.
-En fait...je n'ai pas envie d'aller la voir...
-Ha bon?m'étonnais je.
-En fait c'est une bonne amie mais je sais plus trop où j'en suis...
-Dis moi tu sèche les cours là?
-Et toi tu fais quoi au juste?!
-Moi suis malade, répondis je en faisant semblant de tousser,mais toi par contre il me semble pas que ce soit ton cas alors tu vas me faire le plaisir de déguerpir d'ici et de retourner en cour et que ça saute!
-Mais...pour Anaïs?
-Elle risque pas de te dire quelque chose pour l'instant alors fais comme si de rien...je te demanderais juste de ne pas faire allusion à moi...
-D'accord.
-Ho! Autre chose...si elle te demande ne la blesse pas!
Par ces mots c'est ma tombe que je creusais mais je ne pouvais me résoudre à voir mon amie malheureuse de quelque façon que ce soit...même si actuellement je n'étais plus vraiment son amie je ne pouvais pas oublier cette amitié qui nous a liée...
-D'accord...j'y penserais après tout jte dois bien ça non?!En tous cas elle a de la chance d'avoir une amie comme toi...moi aussi d'ailleurs
-Merci...tu risques de plus me voir ces temps si...
-Pourquoi?
Mon silence lui fit comprendre que cette question resterait sans réponse. Il me remercia une fois de plus et parti vers les cours, vers Anaïs et loin de moi. La matinée fut calme. J'attendais à chaque instant un sms de mon amie mais aucun ne venait. Je finis par me résoudre que notre amitié s'était terminé sur un coup de tête et pour un mec...chose que je déteste tellement c'est puéril! Je finis par me dire qu'il faudrait peut-être que je prenne les devants pour la sauver du naufrage de nos c½urs. Mon texto me pris deux bonnes heures à rédiger. Je n'étais jamais satisfaite. Je finis par lui écrire:
Pour te dire que je suis sincèrement désolée que ça ait dérapé et que je m'en excuse de tout mon c½ur...ton amitié m'est trop précieuse pour qu'elle finisse comme ça, d'ailleurs qu'elle finisse tout cour...
J'eus droit à une réponse. Ce fut ma première surprise, le seconde fut le contenu du message:
Ça il fallait y penser avant de me balancer ton point sur la gueule. Maintenant je ne veux plus entendre parler de toi. Ce que tu as fait tu le regretteras et t'en fais pas je te le rendrais au centuple! Adieu et à jamais
Je peux vous dire que je suis tombé de haut...mais vraiment très haut. Sur le coup je n'ai même pas compris sauf que la réalité rattrapa cette incompréhension rapidement et la fenêtre fut mon seul moyen de sortir sans qu'on me vit dans cet état. J'étais devenue comme hystérique: une fois je riais et juste après je fondais en larmes ne sachant comment me comporter...en une matinée j'ai perdu les deux personnes chères à mon c½ur maintenant plus brisé et douloureux que jamais.
J'étais dans mon refuge depuis trois heures. J'y souffrais cachée de la vue de tous. Mon refuge est l'endroit où je cache tous mes trésors ainsi que les recettes de mes larcins. Personne n'en connaît l'existence. En fait c'est même inhabituel comme endroit. Mais depuis toute petite j'en rêvais en fait depuis que j'ai vu « le bossu de notre dame »...comme vous devez l'avoir deviné c'est le clocher de l'église. Je n'aurai pas trouver seule comment y entrer si cette personne ne me l'avait pas montrée. Vous pensiez qu'on devient voleur comme on devient lycéen, seul et à force de travail? Ce n'est qu'à moitié faux... en fait il n'y a que « seul » qui ne soit pas juste. On a tous un maître et on forme une sorte de communauté à part et inconnue. Nous-même , membres, nous ne nous connaissons pas. Nous volons pour nous et non pas pour le compte d'autre gens. Mon maître m'a formé et c'est ainsi que je suis devenue ce que je suis. La formation a été dure et longue mais j'étais motivée. Mon maître...de penser à lui, une douce nostalgie prend place dans mon c½ur...minuscule place entre la tristesse et la solitude. Un souvenir, un regard et me voilà dans le passé...
-Mamannnnnn! S'il te plait! Je le voudrais!
-Je t'ai déjà dis non!
Je boudais. Ce livre avait l'air si bien! Il me le fallait maintenant, j'avais soif de le lire. Tandis que maman regardait ailleurs je passais à l'action. Ma main se tendit, attrapa le livre en question et vivement le mit dans mon sac. On sortit de la librairie sans complication, enfin...presque. Quelqu'un m'avait vu faire et maintenant il nous suivait. A cette époque j'avais quinze ans révolu et étais adepte de la lecture depuis longtemps. J'avais et ais toujours un livre quelque part à sortir et à dévorer. Je vis des amies au loin et demanda à ma mère si je pouvais aller les voir. Elle aquieça pour mon plus grand plaisir. Je m'éloignais confiante quand je fus tout à coup entraînée dans une ruelle. Je hurlais mais mon cri s'étouffa vite. Une main vint se plaquer sur ma bouche. Affolée je me débattis jusqu'à ce que épuisée je me laisse entraîner sans résistance un peu plus dans l'ombre.
-Si je te lâches promet de ne pas t'enfuir et de ne pas crier, dis une voix inconnu et calme.
J'aquieçais avec un mouvement de tête. Avais-je le choix? Bien sur que oui...comme si j'allais tenir cette promesse...à peine m'eut il lâché que je détalais en courant. Le sport n'étais pas ma spécialité mais j'avais l'avantage de courir vite même si j'avais de large doutes sur mes chances. Je ne savais pas où j'allais et il me suivait sans difficulté apparente. J'aurais pu y arriver mais il a fallu que je tourne à gauche et que je tombe...sur une cour intérieur. Les quatre murs me donnèrent l'impression d'une souricière et évidement j'étais la souris...mon poursuivant sourit et a dit:
-Pas mal pour ton age!
Ma bouche s'ouvrit toute seule. A vrai dire je ne comprenais plus rien de ce qu'il se passait.
-Si tu reste comme ça tu vas finir par manger des mouches! Tu viens de passer deux épreuves sur deux. Il n'en reste plus qu'une! Peut-être seras-tu à la hauteur...
A sa tête je vis qu'il réfléchit.
-Pardon?demandais je finalement.
-Ha oui!dit il comme s'il se rappelait juste que j'existais, je m'appelle Malek mais appelle moi Mehdi. Ça veut dire maître et c'est ce que je représenterais pour toi,ajouta-t-il en souriant.
-Quoi?! D'abord vous m'enlevez puis je dois vous obéir et maintenant faire partie de votre secte! Mais ça va pas!
-Je ne fais pas parti d'une secte et je sais que tu accepteras mon offre. Tu es assez douée pour ça et puis tu as l'air d'être seule.
-Je suis loin d'être seule!
-Ça se lit dans tes yeux. Je te laisse partir maintenant mais si tu changes d'avis viens me voir à cette adresse.
-A quelle adresse?! Vous ne m'en avez pas donné!
Avec un sourire amusé, il partit et me laissa seule. Pendant les heures qui suivirent, je ne cessais de penser à cette rencontre. Je voulais lui demander des explications mais je ne savais pas où le trouver! Ha si seulement il m'avait laissé cette fichu adresse! Je bouillonnais. Finalement je sortis mon portable et vis un papier tomber. Je le pris intriguée et le retournais lentement, dessus était écrit : le clocher de l'église (4° porte dans la sacristie) . Cette fois je fut sûre d'être tombée sur un fou! Le clocher de l'église! Rien que ça! Et puis la sacristie était interdite au public...En fait ce gars était un déséquilibré! En même temps ma curiosité me poussait à faire ce que je n'aurais jamais fait en tant normal. Ma fenêtre devint pour le première fois complice de mes infractions au règlement de la maison. Ce n'est qu'une fois à l'église que j'hésitais...fallait il ou ne fallait il pas pousser cette porte massive?
Une voix parvint jusqu'à moi et me tira de ma rêverie. Je me levais et regardais en bas de l'église par les ouvertures du clocher. Le rire que j'entendis conjugué avec ce que mes yeux confirmaient me donna envie de sauter, là tout de suite...Pourquoi même là, dans ce lieu de sûreté, je ne pouvais échapper à la réalité? En bas de la tour se trouvait Anaïs...faut dire que déjà j'étais pas gâtée mais il n'y avait pas qu'elle! Évidement il fallait que Gabriel soit là lui aussi! Je décidais que mon heure n'était pas encore venue et donc je redescendis du clocher et restais un moment dans l'église, attendant calmement de pouvoir sortir. Après tout, ils n'allaient pas squatter l'entrée de l'église toute l'aprèm! Au bout d'une attente qui me parut plus longue qu'elle n'avait du être je sortie et me retrouva nez à nez avec Gabriel et Anaïs en train de s'embrasser...j'essayais de passer sans attirer l'attention et en baissant la tête de façon à ce qu'on ne me reconnaisse pas mais ce fut raté! Anaïs ne pouvait pas me voir, elle était dos à moi mais par contre Gabriel, lui, me reconnut aussitôt. Je me dépêchais de courir le plus loin possible de l'enfer qui me faisait sombrer. Mon c½ur connu une seconde déchirure ce que je n'aurai jamais cru possible vu les miettes qu'il en restait. Au bout d'un moment je ralentis. Je n'avais plus de souffle et je suffoquais dans mes sanglots: pleurer et courir sont complètement incompatible! Je ne comprenais pas comment ce que j'avais vu était possible! Je n'y croyais pas! J'ai failli retourné en arrière pour être sur d'avoir bien vu mais au fond de moi je savais que c'était inutile...j'avais très bien vu. Maintenant je marchais ne sachant trop où aller et mes pas me guidèrent vers cette place où je l'avais connu. Je me dirigeais vers les mêmes marches et m'y rassis, attendant comme ce jour de froid. Mes yeux ne voyaient rien, mes sens étaient totalement brouillés. Quelqu'un se posa à coté de moi mais je ne levais pas la tête. Je m'en fichais bien de cet inconnu qui avait mal choisi où s'asseoir!
- Salut! Tu as l'heure?demanda la voix.
Je me cru folle pendant un instant! Ce pourrait il que...? Je levais la tête et le découvrit. De nouvelles larmes coulèrent plus douloureuses que les précédentes. Je ne pouvais pas rester à coté de lui. Je ne comprenais même pas ce qu'il faisait là! N'était il pas avec Anaïs quelque instant plutôt?
-Qu'est-ce que...?
-Je fais là? En fait je t'ai vu sortir de l'église et j'ai vu aussi que ça n'allait pas bien. J'ai dis à Anaïs que j'avais un rendez vous et je t'ai chercher partout!dit il avec un sourire.
-Va t'en...
-Quoi? J'ai pas entendu.
-Va t'en!hurlais je désespoir tout en me levant et en partant. Il me rattrapa sans problème.
-Pourquoi réagis tu comme ça? Pourquoi je ne comprend pas!
-T'as pas à comprendre! C'est comme ça un point c'est tout...
-Je ne suis pas d'accord!
-Tu n'as pas le choix et moi non plus! Je ne peux plus te voir et j'en suis désolée, au revoir.
On continuait à marcher dans la rue, moi sans but et lui dans l'espoir de comprendre quelque chose. On arrivait à la grande rue principal et la foule commençait à s'épaissir un peu comme le brouillard.
-Retourne voir Anaïs. Elle va te faire une scène sinon.
-Pourquoi est-ce que vous ne vous parlez pas?
-Ça ne te regarde pas! Et j'ai pas envie d'en parler de toute façon maintenant laisse moi tranquille faut que je réfléchisse.
J'avançais ne sachant pas trop quoi faire. Je pensais aller dans mon bar favori et parler avec mon amie qui travaille là bas. Gabriel restait là et ne bougeait plus. Je m'éloignais et mon plan me paressais le mieux pour moi quand j'entendis derrière moi:
-Attentiooooon!
Je n'eus pas le temps de saisir quoi que ce soit, j'étais par terre ne pouvant plus bougé et j'entendais les gens parler autour de moi.
-Vite appeler le SAMU!
-Au mon Dieu! Pauvre enfant! Elle s'est jetée sous mes roues...je n'ai rien pu faire!
-Un médecin! Y a t-il un médecin?
Le noir m'envahissait quand une lumière et un bruit étourdissant apparurent. Je ne pensais pas que mourir fut si lent et si douloureux...peut être aurais je du sauter du clocher? Ça aurait été moins dur et insupportable. Doucement je sentais ma fin approchée. Je la trouvais souriante et belle. Elle m'emportait délicatement, doucement. Comme si j'étais sur un nuage qui avançait au grès du vent. Je revis tout d'abord Mehdi ou plutôt Malek. Ses parents avaient bien choisis son prénom car c'était mon ange. Mes leçons avec lui et mon envie de le revoir s'évanouir pour laisser place à Gabriel. Je n'avais rien que mes souvenirs de lui. Tout le reste n'était que tristesse...et puis Anaïs elle n'avait jamais cessé d'être mon amie et je continuais et continuerais à l'aimer comme tel. Je la protégerais toujours...toute ma vie et toute ma mort...Mon c½ur cessa de battre dans mon ultime sourire car j'avais revu les personnes les plus importantes pour moi. Maintenant je pouvais mourir.
Je rouvris les yeux et ne vit d'abord qu'une lumière blanche intense.
-Est-ce le paradis?
-Ça pourrait...mais suis pas sûre que les gens appellent ça comme ça!
-Malek? Es tu avec Allah?
-Malek?Allah? De qui tu parles enfin?!
Mes yeux s'habituaient à la luminosité de la pièce petit à petit. Je commençais à distinguer un visage pencher sur moi,souriant. Plus la luminosité descendais plus mes craintes se voyaient confirmer...c'était loin d'être Allah ou même Mehdi...c'était Gabriel...
-Où suis-je?
-Ha je m'attendais à ce que tu demandes ça plus tôt! En principe dans les séries c'est la première phrase que les gens sortent!
-On est pas dans une série! Je voudrais savoir ce qu'il s'est passé...s'il te plait...ajoutais je me trouvant méprisante.
-Oui bien sûr. Tu t'es avancée sur la chaussée et une voiture t'as renversée. Quelqu'un qui as vu la scène a tout de suite appelé le SAMU et ils sont arrivés très vite. Ils t'ont embarqués mais ton c½ur avait déjà lâché. Tu étais morte mais ils ont réussi à te réanimer. Et maintenant te voici à l'hôpital.
-Je suis là depuis combien de temps?
-Ça doit faire quatre heures.
-Et mes parents?
-Ils sont venus mais ont été obligé de repartir. Désolé.
-Pas grave...j'aurais bien aimé les voir.
-Oui, je comprend.
Un long silence succéda. Je n'avais qu'une envie c'était qu'il parte. Loin, loin de moi et de mon c½ur. En même temps je trouvais injuste que je ne puisses rien dire sur ce que je ressentais. J'étouffais de ne rien dire. Je me trouvais impuissante même pire que ça...lâche...voilà ce que j'étais. Ce mot réveilla en moi quelque chose de lointain depuis longtemps enfoui.
La rue était déserte et sans issue. Je m'étais encore faite piégée. Depuis le début de ma formation, je m'étais faite attraper qu'une fois et Mehdi était arrivé à temps. Pour le reste des fois je m'étais faite poursuivre mais il disait que c'était le métier qui rentrait. Je le croyais comme chaque fois. Après tout c'était mon maître et il me guider sur le chemin, la voie qu'était la sienne. La personne approcha lentement, sentant ma panique comme s'il avait été un chien et en jouissait même. Je ne savais plus quoi faire et Mehdi qui n'arrivait pas...je me repris en main et lança agressivement:
-Avance un peu plus et je ne donne pas cher de toi! le ton se voulait agressif mais l'homme en face de moi ne paru ni effrayé ni surpris, plutôt amusé et affichait un sourire carnassier. Là j'étais dans la merde. Je ne savais pas me battre et encore moins me défendre. Ma seule qualité résidait dans ma fuite et à cet instant c'était inutile. Je me maudis de n'avoir pas voulu faire du karaté ou de la boxe. Il avança d'un pas.
-Alors comme ça on pense être au dessus de la loi des voleurs?dit il en souriant un peu plus.
Je restais béate. Je venais d'essayer de voler et de distancer un voleur?! Pas étonnant que je n'ai eu aucune chance de le semer et maintenant j'en avais encore moins de l'intimidé ou de le battre.
-Je suppose que ton maître t'as mal éduqué! Maintenant je vais te donner une correction histoire que tu souviennes de ton erreur.
Tout en disant cela il s'avançait et levant la main. La première gifle me fit une douleur terrible. Je ne sentais plus ma mâchoire et le sol me parut plus dur qu'habituellement. Je me relevais avec peine mais le sol se déroba sous moi. Un coup de pied venait de me secouer le ventre. Ma respiration se bloqua, je suffoquais et cela ne lui plaisait que plus.
-Je veux t'entendre me dire pardon.
-Pardon,dis je en serrant les dents.
-Je n'ai pas entendu!
Un autre coup me cassa le poignet. Je hurlais de douleur et de peur.
-PARDON!hurlais je ne pouvant faire autrement devant toute cette douleur.
-Je vais t'apprendre ce qu'est un voleur digne de ce nom. Nous, nous ne jouons pas à piquer des portes feuilles. On sait se défendre et se respecter par contre toi, tu n'es rien.
Il me releva d'un bras et son poing me cueillit sous le menton. J'étais déjà sonner mais je ne pouvais pas me regarder dépérir sous ses coups. Je lançais mon pied de toute mes forces dans sa jambe. Elle plia et il me fit tomber à terre. La rage déforma un instant son visage puis il remit son masque de pierre ou plutôt celui de la jouissance de me voir souffrir.
-Je voulais bien être indulgent mais maintenant je crois que je vais passer à un autre registre.
-Je crois que tu vas surtout passer à une autre façon de vivre!
La voix avait claquée comme un fouet. Je la reconnue aussitôt et un immense soulagement prit place dans mon c½ur. Le voleur se retourna. Mehdi se campait sur ses positions, prêt à combattre.
-Alors comme ça on vient en aide aux nécessiteux?
-Je viens plutôt corriger les gens arrogant qui se croient voleur en tabassant les novices.
-Dans ce cas...
Il s'élança mais ne s'attendais pas à ce que son attaque soit esquivée avec autant de facilité. Malek se retrouva entre moi et lui, une façon de me protéger tout en laissant à son adversaire une possibilité de fuite. L'autre n'avait pas encore conscience du peu de chance qu'il avait de battre mon « guide ». Il chargea de nouveau et cette fois se retrouva à terre sans comprendre. Le coup avait été d'une telle force que la mâchoire s'était brisée dans un bruit éc½urant. Il jeta un rapide coup d'½il derrière lui et après quelques instant d'hésitation s'enfuit sans demander son reste. Je souriais devant cette victoire et un profond sentiment d'admiration m'envahissait: c'était mon maître! Il ne se retourna pas vers moi mais m'adressa juste trois mots:
-Tu m'as déçu!
Et il partit sans que je puisses ajouter le moindre mot.
La tristesse et la rage me hantaient depuis déjà deux heures et je ne me décidais pas à rentrer chez moi. Finalement la faim plutôt que l'envie guida mes pas vers la maison. J'avais oublié mon état et mes parents s'affolèrent. Je dus mentir pour les apaiser et pour qu'ils arrêtent de me harceler de question. « J'étais tombé dans un escalier » avait été la version officielle de l'affaire. Une fois seule dans ma chambre, je m'allongeais sur mon lit et ,en regardant le plafond ,me mit à réfléchir. Qu'est-ce qui lui avait déplu? Était ce mon incompétence? Mon manque de discernement dans le choix de ma cible? Plein de choses me venaient en tête mais aucune ne me satisfaisait vraiment. Il faut croire que je n'aurais pas la réponse...mais je ne pouvais dormir sans celle-ci. Un courant d'air attira mon attention : la fenêtre était ouverte et j'étais tellement absorbée dans mes pensées que je n'avais rien remarqué. Je me levais et alla la fermer. Je sentis une présence derrière moi, je me retournais et trouvais Mehdi assis sur mon lit à me regarder.
-Je ne serais pas toujours là pour toi. Il est nécessaire que tu apprennes à te défendre et c'est quelque chose que je refuse de t'enseigner. Tu devras soit prendre des cours soit te débrouiller.
J'acquiesçais d'un signe de la tête. Mais il n'avait pas fini cela se voyait à son expression.
-En tous cas, je ne veux plus jamais être déçu. La prochaine fois garde de la dignité sinon tu ne me mérite pas en tant que maître. Supplier est lâche et plus jamais je ne veux t'entendre faire cela ou quelque chose de similaire, comme te plaindre.
-Bien maître.
Maintenant que je savais ce qui l'avait tant déçu je ne compris pas comment j'avais pu passer à coté dans toutes mes hypothèses.
-Promet le moi!
-Je vous le promet Mehdi.
-Bien.
Sur ce, il sortit par l'endroit d'où il était arrivé. La leçon resta gravé dans ma mémoire et c'est cette leçon que ma situation me rappelait. J'avais promis de ne plus être lâche. Il fallait que ça finisse, je devais tout lui dire tout de suite sinon je ne supporterait pas d'affronter le regard de Malek. Je fus sortit de mes pensées par le bruit d'une porte qui claque.
En face de moi, rouge de fureur, se tenait Anaïs. Je cru qu'elle allait se jeter sur moi et m'étrangler. Pourtant je décidais de rester impassible et fière , la leçon toujours présente dans ma mémoire.
-Sort tout de suite Gabriel!
-Mais...
-Tout de suite!hurla-t-elle.
-Il faut que je te parles avant que tu partes,dis je.
Les mots que je venais de prononcer étaient sans appel. Je n'étais certes pas en position de force mais je détestais l'idée que Gabriel écouta comme un gentil toutou tout ce que pouvais lui dire Anaïs.
-Toi tu n'as rien à dire. On sort ensemble maintenant, ajouta-t-elle espérant de me faire mal.
-Reste! S'il te plait...il faut que je te parles à propos de tout à l'heure.
-Comment ça tout à l'heure?! De quoi parle-t-elle?
Un long silence passa.. La tension était palpable et elle touchait chaque personne de la pièce.
-Rien...dans tous les cas je ne peux pas la laisser seule Anaïs. Quand ses parents reviendront alors je pourrais partir.
-Qu'est ce qu'elle représente pour toi de toute façon? elle n'est rien de plus qu'une fille comme les autres, une inconnue.
Les mots qu'elle venait de prononcer se gravèrent dans ma mémoire. Elle allait regrettée ses paroles jusqu'à la fin de ses jours! Je m'assis dans mon lit puis posa un pied au sol. Je voyais que Gabriel voulait m'aider ou m'empêcher de me lever mais il n'osait pas défier Anaïs. dans ce cas je le ferais pour lui. Je me levais ,encore affaiblie mais pleine de volonté, et m'avançais vers Anaïs. elle n'avait pas l'air très rassurée et t'en mieux. Apparemment elle se souvenait de la dernière leçon. Je n'étais plus qu'a deux pas d'elle quand la porte s'ouvrit.
-J'ai une lettre pour vous. Vous devriez vous rallonger mademoiselle,me dit l'infirmière.
-D'accord. Merci pour la lettre.
Elle s'avança vers la porte
-Ho fait! J'ai une question à vous poser
-Oui?
-Pouvez vous emmener cette jeune fille dehors? Elle me fatigue beaucoup.
-Veuillez me suivre mademoiselle.
-Mais! Il est hors de question que je partes!
Anaïs me regardait avec un regard assassin. Si ses yeux avaient été des poignards je les aurais reçu en plein coeur.
-Si vous ne voulez pas sortir je serais obligé d'appeler les gardes. A vous de choisir!
Elles finirent par sortir après une longue négociation de la part de l'infirmière.
-Enfin seule! ça commençait à me fatiguer, dis en soupirant.
-Oui...enfin tu n'aurais pas du faire ça...
-Si l'infirmière n'avait pas intervenue Anaïs serait sur un lit d'hôpital. A force de me chercher comme ça, elle finira par me trouver...
-Je ne comprend pas ce qu'il lui prend...et toi non plus d'ailleurs...
-C'est pas très grave. Tu le seras dans pas longtemps de toute façon.
J'ouvris l'enveloppe et découvrit ce que j'attendais tant.
-Maintenant je peux te le dire! en fait, je t'aimais depuis qu'on s'est rencontré enfin après la course poursuite évidement...avant je te détestais pour m'avoir attrapée. Malheureusement Anaïs a jeté son dévolu sur toi et donc j'ai du passer à la trappe... c'est ce qui la rend comme ça... je lui ai déjà dis que je voulais qu'on reste amies mais elle ne veut rien savoir.
Gabriel me regardait et ne semblait pas comprendre. Mes explications été brève mais je voulais en finir une bonne fois pour toute!
-Maintenant pars s'il te plait... je crois qu'on s'est tout dis. Je n'ai pas envie de m'étendre sur une erreur, la dureté de ma voix m'étonnais moi-même mais plus sèche serait la rupture moins il ressentirait de douleur et il m'oublierait plus facilement ainsi.
-Tu es en train de me dire que tu m'aimais?!
-S'il te plait... sors je ne tiens plus à te voir.
Il ouvrit la porte et sortit en silence. Une boule nouait ma gorge et une larme tomba sas que je puisses la retenir. C'était mieux comme ça. J'allais changer de vie en sortant et ne plus le revoir. Au moins je n'aurais pas de regret. La porte se rouvrit d'un coup et Gabriel rentra à nouveau dans la chambre.
-En fait non! On ne s'est pas tout dis! Je n'aime pas Anaïs... si je suis avec elle c'est à cause de ce que tu m'as dis... en fait je t'aime depuis le début moi aussi...
Mes larmes coulaient à flots à présent. Toutes ses souffrances pour si peux...
-S'il te plait laisse moi réparer mon erreur!
-Je... je suis désolée mais je pars pour toujours et je ne reviendrais jamais... plus jamais
-Mais! Pourquoi?
-Parce que c'est ce que je souhaite... je veux partir loin de toi... loin d'Anaïs... loin de tous ça... je ne veux plus jamais te revoir... pars s'il te plait... sors de ma vie pour que je sortes de la tienne.
-Mais Maëllis...
-Pars! Je ne veux plus te voir je te l'ai déjà dis!
-Non! Je reste!
Je tendis la main et appuya sur le bouton rouge pour appeler l'infirmière. Elle apparut peu de temps après.
-Oui mademoiselle?
-Je voudrais me reposer...
-Bien! Monsieur il faut que vous sortiez.
-Je... très bien... Au revoir Maëllis.
-Adieu...
La porte se referma sur mon passé, lentement mais sûrement. A partir de ce moment commença ma nouvelle vie, plus belle et merveilleuse que l'ancienne.
EPILOGUE
Sept ans plus tard
Le vent dans les cheveux, j'attendais. Le train tardait à arriver mais bientôt je serais à bord et en route vers Moscou. Le transsibérien était souvent en retard. Il n'y avait donc rien d'étonnent. Personne autour de moi ne s'inquiéter et moi non plus. Le froid me fouettait le visage mais j'en profitais. Bientôt je serais dans le sud, là où il fait chaud et où la mer est calme. Le Maroc m'attendait mais pas seulement le Maroc... mon maître aussi. Il avait été très dur de retrouver sa trace. Il faut dire qu'il a beaucoup voyagé depuis qu'il m'avait quitté mais je savais que je le retrouverais. Il m'avait toujours dis qu'il suffisait de volonté. Le train entra enfin en gare. Je m'assis sur le siège le plus près. Les voyageurs, pour la plupart russes, me regarder bizarrement. Il est vrai que j'étais plutôt bronzé pour quelqu'un du coin. J'avais fini mes études dans un autre lycée et depuis mes dix huit ans je cherchais mon maître sans relâche. J'étais déjà allée dans dix pays mais chaque fois j'arrivais trop tard. J'avais maintenant vingt deux ans et lui en avait vingt sept. Le train avança lentement d'abord puis il prit de la vitesse peu à peu.
-Puis je m'asseoir s'il vous plait mademoiselle?
-Bien sûr! Mais depuis quand m'appelez vous mademoiselle Mehdi?
-Je ne pensais pas que tu me reconnaîtrais...
-Il faut dire que ça fait deux ans que je vous cherche... si je n'étais pas capable de vous reconnaître alors que vous êtes à deux pas de moi je trouverais cela inquiétant...
-Je sais... pourquoi me chercher?
-Vous êtes mon maître après tout...
-Je crois que l'appellation de Mehdi est dépassée maintenant . Tu ne crois pas?
-C'est ce que vous êtes pour moi... vous préférez peut être Malek?
-A vrai dire... oui! Cela fait longtemps que je ne suis plus ton maître... la preuve, tu as presque réussi à me trouver... et « tu » serais pas mal aussi...
-Très bien! Comme vous... tu voudras. Au final c'est vous qui m'avez trouvé...
-On ne peut pas dire ça... alors pourquoi me cherchais?
-En fait je voulais vous revoir tout simplement...
-Deux ans de recherche pour une simple visite?! Oublierais tu à qui tu as à faire?
-Non
-Alors tu sais que j'aimerais la vérité!
-Je sais aussi bien que vous que vous la savez déjà. Sinon pourquoi prendre la peine de venir jusqu'ici me voir?
- Tu as appris trop vite ou alors c'est moi qui vieillit...
-Peut être le deux!
Cette blague avait pour but de détourner la conversation... je savais qu'il ne serait pas dupe mais il rit quand même avec moi. Sa main se tendit vers la mienne et la serra.
-Merci de m'avoir chercher...
-Merci de m'avoir fait visiter le monde... il aurait été vraiment trop simple de venir me voir tout de suite!
-Je dois t'avouer qu'il était plus drôle de te voir chercher... enfin je suis heureux que tu sois là... j'avais peur que tu m'oublie...
-Non jamais je ne pourrais t'oublier... ce qu'il s'est passé il y a sept ans est toujours dans mon coeur... j'ai pourtant essayer de t'oublier mais je ne pouvais pas... excuse moi
-Non... je suis heureux que tu sois là, avec moi. On vient de remonter dans le temps... c'est comme si on ne s'était pas quitté...
-Oui... tu sais je...
-Chut! Je sais déjà ce que tu vas me dire... je me suis tenue au courrant et je sais pour ce garçon... il a failli me voler mon bien le plus précieux.
-Un voleur volé par un citoyen!Hahaha!
Je voulais plaisanter pour faire passer la boule qui me serrait la gorge mais ma manoeuvre n'avait pas réussi. Il fallait que je lui dise tous.
-Pourtant mon coeur est à toi et à toi seul Malek... je ne t'aurais pas chercher autant sinon... j'ai cru te reconnaître en lui, mon coeur cherchait un substitut, une copie pour te remplacer... mais depuis sept ans tu n'as pas quitté mon coeur...
-Chut! Savourons juste ces retrouvailles... je les attends depuis trop longtemps
Sur ce il posa ses lèvres sur les miennes. Ce doux contact m'avait manqué. Sept ans avant durant ma formation, mon amour pour lui n'avait cessait d'augmenter et ces lèvres ne pouvait satisfaire mes désirs mais il avait été rappelé et forcé de me quitter. J'avais alors rencontré Gabriel et j'avais cru reconnaître Mehdi en lui mais non... Malek est irremplaçable et c'est pour ça que je suis partie le chercher au bout du monde.
THE END
Par Yuyu